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Une seule langue s’accapare 90 % des séjours linguistiques

mardi 22 mai 2007, par espo

Les séjours linguistiques représentent une part non négligeable de l’économie linguistique. Ainsi, l’UNOSEL est une fédération d’écoles de langues au chiffre d’affaires de plus de 150 millions d’euros. Son directeur est l’homme d’affaire Jacques Maillot.

Récemment, l’UNOSEL a constaté que les jeunes français ne réalisaient en moyenne que 1,5 séjours linguistiques à l’étranger contre « 2 à 3 pour les jeunes Espagnols, Italiens ou Allemands ».

Il y a là un marché qu’on devine énorme. L’UNOSEL avec ses 52 500 séjours linguistiques individuels organisés a un chiffre d’affaires qui dépasse 150 millions d’euros. Chaque année en France, 128 000 jeunes de 10 à 25 ans effectuent un séjour linguistique. Tous les âges de la vie sont conscernés puisque, toujours d’après l’UNOSEL, "14 % des personnes réalisant un séjour linguistique ont plus de 30 ans".

Le problème, c’est que ces séjours linguistiques ne sont pas du tout le témoignage d’une ouverture à la diversité linguistique, mais sont au contraire une entreprise d’anglicisation. En effet, plus de 90 % des séjours ont lieu dans un pays anglophones :

« La Grande- Bretagne reste la destination principale choisie par 40% des jeunes (plus de 4,7 millions d’enfants étudient l’anglais en première langue), viennent ensuite l’Irlande (28%), les USA et le Canada (20%) puis l’Espagne, l’Italie, Malte, l’Australie (9%). L’Allemagne se trouve à 3%. »

Il convient donc de s’alarmer des propositions récentes de l’UNOSEL. Voici les trois premières :

« 1re proposition : créer une réduction d’impôt sur le revenu pour les dépenses engagées par les familles contribuables au titre de l’organisation de séjours linguistiques en faveur de leur(s) enfant(s) à charge ;

2e proposition : généraliser les séjours linguistiques comme moyen d’ouverture internationale pour tous les établissements scolaires français et inciter les collectivités locales, les entreprises et les comités d’entreprise à s’impliquer dans le co-financement de ces séjours ;

3e proposition : faire du plurilinguisme une grande cause nationale ;  »

L’UNOSEL propose donc que les enfants des plus riches soient favorisés et que l’Etat, déjà coupable de subventionner le tout-anglais dans ses budget de l’enseignement, ajoute cette subvention là. Voilà de quoi augmenter la facture calculée par l’économiste François Grin.

Comme l’Etat n’y suffira pas, on appelle à l’aide les entreprises, impactant d’autant notre compétitivé économique.

Enfin, l’UNOSEL veut faire du plurilinguisme une grande cause nationale. Il ne s’agit pas de nuire à la domination de la langue anglaise, mais simplement de s’accaparer d’autres marchés, de mettre la main sur une plus grosse part du porte-monnaie des parents victimes du marché linguistique où règne la loi du plus fort (« 2000 - 2500 euros en moyenne, pour un séjour d’un jeune, d’une durée de deux à quatre semaines, dans un pays voisin »).

Les pouvoirs publics doivent aider l’UNOSEL à devenir une fédération d’écoles de la diversité linguistique. Et pour cela, le seul moyen est bien de remettre en cause le tout-anglais.

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