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Anglicisation programmée des brevets européens

jeudi 23 février 2006, par espo

Le 28 février, les députés pourraient porter un coup fatal à la francophonie. Ce jour-là, ils devront se prononcer sur le projet de loi de programme pour la recherche (n° 2784), au sein duquel le député UMP Jean-Michel FOURGOUS a glissé un amendement destiné à faire ratifier l’accord de Londres.

Si l’accord de Londres est ratifié, il n’y aura plus d’obligation de traduire les brevets d’inventions dans les 3 langues officielles actuelles (allemand, anglais et français) mais seulement dans l’une de ces trois langues, au choix. On peut deviner laquelle sera, dans les faits, choisie systématiquement...

Il y a aujourd’hui 3 langues officielles pour les brevets. Dans une semaine, une fois l’accord de Londres ratifié, la langue officielle unique des brevets d’invention sera de fait l’anglais.

Le prétexte officiel justifiant l’accord de Londres, soutenu à l’époque par le Medef, est le coût élevé du dépôt des brevets à l’international. Le coupable désigné est le coût des traduction mais, en réalité, le prétexte est fallacieux. La traduction ne constitue qu’un petite partie de ces coûts, relativement marginale par rapport aux autres frais qui sont liés au dépôt.

Au delà des brevets d’invention, c’est le sort de la langue française qui se joue, plus précisément du français technique et scientifique.


Plus précisément, si l’accord de Londres est ratifié, il n’y aura plus que 10 % des textes des brevets (les revendications) qui seront disponbles en français.

Le texte de l’accord de Londres :

http://www.european-patent-office.org/news/info/2001_12_07_f.htm

Pour plus d’infomations :

http://www.aprobi.asso.fr/

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1 Message

  • Aujourd’hui, les scientifiques de tous les pays font preuve d’une complaisance angélique : ils publient leurs travaux dans ce qu’ils croient être de l’anglais. Ils sont le plus souvent obligés de faire réviser leurs manuscrits rédigés dans un anglais approximatif par des natifs anglophones , et c’est ainsi que leurs travaux sont pillés. Aux championnats de la résignation et de la naïveté, ils auraient le premier prix. A l’inverse, les bénéficiaires des prix Nobel sont en très large majorité des natifs anglophones “pur jus”. Certaines universités des États-Unis s’enorgueillissent d’avoir plus de prix Nobel que n’en ont eu bon nombre de pays.

    Ces problèmes et bien d’autres sont évoqués, notamment, dans des ouvrages de Charles Durand qui, pour avoir longtemps vécu en pays anglophones, a compris l’entourloupe du tout anglais : La mise en place du monopole du savoir (éd. L’Harmattan) et La nouvelle guerre contre l’intelligence (éd. François Xavier de Guibert).

    Henri Masson (brève sur le site de SAT-Amikaro)

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