jeudi 20 juillet 2006, par espo
Umberto ECO en 1994 :
J’ai étudié la grammaire de l’espéranto - ça ne veut pas dire que j’ai appris à le parler - et j’ai constaté que c’est une langue construite avec intelligence et qui a une histoire très belle.
Léon TOLSTOÏ en 1894 :
J’ai trouvé le volapük très compliqué et, au contraire, l’espéranto très simple. Il est si facile qu’ayant reçu, il y a six ans, une grammaire, un dictionnaire et des articles de cet idiome, j’ai pu arriver, au bout de deux petites heures, sinon à l’écrire, du moins à lire couramment la langue. (...) Les sacrifices que fera tout homme de notre monde européen, en consacrant quelque temps à son étude sont tellement petits, et les résultats qui peuvent en découler tellement immenses, qu’on ne peut se refuser à faire cet essai.
Barbusse (Henri) (1873 1935) écrivain français. Le Feu (1916, prix Goncourt) dénonce l’horreur de la guerre de 1914-1918.
Ceux qui ont conçu l’idée d’une langue internationale, ont eu cette gloire et ce génie d’entreprendre l’union des Hommes par le commencement.
Il ne faut pas dire : il y a des choses plus importantes et plus urgentes à faire que d’apprendre l’Espéranto. On n’a plus le droit de différer cette mission commune qui se présente à chacun.
Blum (Léon) (1872 - 1950), homme politique et écrivain français. Chef du parti socialiste S.F.I.O. après le congrès de Tours (1920), il présida deux gouvernements du Front populaire (1936-1937 et 1938) responsables d’importantes mesures sociales. Les Allemands le déportèrent en 1943. D’octobre 1946 à janvier 1947, il fut président du Conseil au sein d’un gouvernement socialiste homogène. Hachette Livre, 1997.
Je voudrais que dans tous les villages et dans toutes les villes, on enseigne l’Espéranto qui serait un facteur pour l’entente des peuples et le plus sûr moyen pour maintenir la paix universelle.
Brandt (Herbert Karl Frahm, dit Willy) (1913 - 1992), homme politique allemand ; chef du parti social-démocrate (1964 à 1987), chancelier de la R.F.A. de 1969 à 1974. Il mena une politique de détente avec l’Est, mais une affaire d’espionnage le contraignit à démissionner. Président de l’Internationale socialiste de 1976 à 1992. Prix Nobel de la paix 1971. Hachette Livre, 1997.
En août 1970, il témoigne, une fois de plus, sa sympathie aux efforts des travailleurs espérantistes par le télégramme suivant :
Aux participants du XLIIIe congrès universel des travailleurs espérantistes, j’adresse mes cordiales salutations. Je me réjouis du grand nombre d’hôtes d’Europe et d’autres continents réunis à Augsbourg. Le but de l’intercompréhension pacifique au-delà des conceptions diverses et des frontières mérite le soutien de toutes les forces spirituelles et politiques.
À une autre occasion :
Les succès de l’Espéranto sont reconnus par l’UNESCO. Que l’ONU veuille bien insister avec efficacité pour que l’on poursuive l’œuvre commencée par le Docteur Zamenhof.
Broglie (Maurice, duc de) (1875 - 1960), physicien français, petit-fils d’Albert, duc de Broglie ; spécialiste des rayons X. Académie des sciences (1924). Académie française (1934). Hachette Livre, 1997.
L’adoption d’une langue auxiliaire assurerait un puissant progrès à l’humanité... Pour ceux qui entretiennent des relations avec des personnes de langue étrangère, une telle langue doit être la seconde langue à maîtriser.
Avec 42 membres de l’Académie des Sciences, il émet le vœu en 1924 que l’Espéranto "chef d’œuvre de logique et de simplicité" soit introduit dans le programme des classes de Sciences et reconnu comme langue officielle dans les congrès internationaux.
Avec Jean PERRIN et Jean CHARCOT.
Castro (Fidel) (1927 - ) révolutionnaire et homme politique cubain. Dès 1953, il dirigea une guérilla contre le régime du dictateur Batista (1956-1958) . Premier ministre en 1959, chef de l’État en 1976, il établit une régime socialiste bureaucratique(1962). Il dénonça l’ingérence économique des États-Unis à Cuba et chercha l’appui de l’U.R.S.S. en imposant un tiers-mondisme militant (expéditions militaires en Angola, en Éthiopie, à partir de 1975). Isolé au sein de la communauté internationale depuis l’effondrement du bloc soviétique, il doit faire face à une contestation intérieure.
Je me considère comme un soldat de l’Espéranto. Peu importe que vous soyez peu nombreux, votre idée vaincra. Elle vaincra car elle est juste. Chaque nation a sa langue, l’humanité doit avoir la sienne, l’espéranto.
Discours prononcé lors du 75e Congrès Universel à La Havane en 1990.
Coménius (Jan Amos Komenský, dit) (1592 - 1670) humaniste tchèque. Prêtre des Frères moraves, auteur de Porte ouverte sur les langues (1631), il est un précurseur de la pédagogie moderne.
Une langue commune est nécessaire pour le monde. Elle doit être "entièrement nouvelle" et "plus facile que toutes les langues".
Comte (Auguste) (1798 - 1857) philosophe français, fondateur de l’école positiviste. Après avoir été secrétaire du philosophe et économiste Saint-Simon, de 1817 à 1824, il commença la publication de son Cours de philosophie positive (1830-1842). Son système est fondé sur une réflexion historique selon laquelle l’esprit humain, dans chaque civilisation comme dans chaque individu, passe nécessairement du stade théologique au stade métaphysique pour s’élever au stade positif. À l’âge positif, "il n’y a qu’une maxime absolue, c’est qu’il n’y a rien d’absolu". À partir de 1845, sous l’influence de Clotilde de Vaux (rencontrée en 1844), il prôna une "religion de l’humanité". Hachette Livre, 1997.
Dans son "Système de politique positive", il appelle de ses vœux une "langue planétaire pour l’établissement de l’universelle harmonie".
Dante Alighieri (1265 - 1321) poète italien. En 1295, il fut mêlé à la vie politique de la République florentine dont il devint, en 1300, l’un des six hauts magistrats. Guelfe "blanc" (c.-à-d. modéré : plus florentin que romain), il fut condamné par les "noirs" au bannissement perpétuel et mena, à partir de 1302, une existence de proscrit (à Bologne, Vérone et Lucques) avant de se retirer à Ravenne. Dante était encore un enfant lorsqu’il s’éprit de Béatrice Portinari. Après la mort de la jeune femme (1290), il la fit revivre dans un amour idéalisé, l’une des sources les plus profondes de son inspiration, qu’il évoque déjà dans les sonnets, ballades et canzoni de sa première grande œuvre : la Vita nuova (achevée v. 1294). Entre 1304 et 1307, il rédigea un traité philosophique, Il Convivio ("le Banquet", inachevé), où il entrevoit la possibilité d’une langue commune à toute l’Italie (idée également exprimée dans son De vulgari eloquentia, en lat., 1303-1304). Il travailla également à ce qui sera l’un des chefs-d’œuvre de la littérature universelle : la Divine Comédie (entre 1306-1308 et 1321).
Il y a une langue qui n’est la propriété de personne, qui est audible dans chaque ville, dans chaque région mais qui n’appartient à aucune ville ou région définie. C’est un nouveau soleil qui brillera là où était l’obscurité. Et ... on la critique... par fierté personnelle parce que l’on en connaît plusieurs.
Descartes (René) (1596 - 1650) philosophe et savant français. Il fait ses études chez les jésuites au collège de La Flèche (1604-1612) puis étudie le droit avant de s’engager dans l’armée hollandaise . Durant cette période (1617-1628), où il voyage beaucoup, Descartes observe et médite plus qu’il ne lit. En 1629 il est en Hollande, où il restera vingt ans. Après les Règles pour la direction de l’esprit (v. 1626-1628 ; posth., 1701) et le Traité du monde, qu’il renonce à publier en 1633 (quand Galilée est condamné par le Saint-Office), paraissent en 1637 trois textes scientifiques, précédés du Discours de la méthode, où il expose une méthode pour conduire sa raison, pas à pas, dans la découverte de la vérité, et pour reconstruire les principes de la science. Cette démarche fait appel à la métaphysique (Méditations sur la philosophie première, 1641 ; Principes de la philosophie, 1644) ; les fondements d’une philosophie dont le point de départ est le doute sont alors jetés. Se trouve ainsi mise en question l’existence du monde, pour passer au cogito ergo sum ("je pense, donc je suis"), et enfin à la "preuve ontologique" de l’existence de Dieu (idée de perfection) ; Dieu est pour Descartes le "garant" de son système de connaissance. Dans le Traité des passions de l’âme (1649), son dernier ouvrage, il s’attache à décrire les interactions de l’âme et du corps, montrant que les passions ne doivent pas être rejetées mais, dans la mesure du possible, maîtrisées : avec sa "générosité" et grâce à sa volonté, l’homme devra "entreprendre et exécuter toutes les choses qu’il jugera être les meilleures...". Descartes meurt à Stockholm où, invité par Christine de Suède, il s’était rendu à la fin de l’année 1649. "
J’oserais espérer une langue universelle fort aisée à apprendre, où il n’y ait qu’une seule façon de conjuguer, de décliner, de construire les mots...
20 novembre 1629. Lettre de Descartes à son ami, le Père Mersenne :
Il faudra que l’humanité crée une langue internationale ; sa grammaire sera si simple qu’on pourra l’apprendre en quelques heures ; il n’y aura qu’une seule déclinaison et une seule conjugaison ; il n’y aura point d’exceptions ni irrégularités et les mots dériveront les uns des autres au moyen d’affixes.
Gandhi (Mohandas Karamchand), dit le Mahatma, "la Grande Âme" (1869 - 1948), philosophe, ascète et homme politique indien. Il fut le principal artisan de l’indépendance de l’Inde, qu’il entreprit d’obtenir de la G.-B. par la non-violence active : boycottage des denrées importées de G.-B., grève de la faim, etc. Il ne put cependant empêcher la partition du sous-continent indien en 1947 ni le déchaînement des violences entre hindous et musulmans qui suivit l’indépendance, et mourut assassiné par un fanatique hindou. Apôtre de la non-violence en Inde.
Je suis pour un même calendrier pour le monde entier, comme je suis pour une même monnaie pour tous les peuples et pour une langue auxiliaire mondiale comme l’espéranto pour tous les peuples.
Genevoix (Maurice) (1890 - 1980) écrivain français de la vie du terroir (Raboliot, prix Goncourt 1925). Récits de guerre : la Boue (1921), les Éparges (1923). Les préoccupations des héros de son roman Un jour (1976) font écho aux inquiétudes des hommes de notre temps. Lorelei (1978) est un "roman d’apprentissage". Académie française en 1946. Interview à la radio sur la chaîne nationale par Pierre Delaire, le 18 février 1955. Quelques extraits :
Ce que je souhaite, et ce que je souhaite vivement, ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que les nations se soucient d’abord de tout ce qui peut les rapprocher, de tout ce qui peut les amener à une compréhension et à une tolérance mutuelle - et dans ce domaine-là une seconde langue, vraiment internationale et commune, peut être - cela va de soi - d’extrême conséquence, d’une bienfaisance sans prix, pour les générations à venir...
L’espéranto n’est pas du tout une langue uniforme, une langue robot, mais, au contraire, une langue naturelle et souple...
Je sais qui est Zamenhof, je sais que vous avez traduit des œuvres qui appartiennent au patrimoine de la littérature universelle et d’ailleurs vous devriez continuer dans cette voie...
L’espéranto est en mesure d’exprimer les nuances les plus subtiles de la pensée et du sentiment, elle est propre à permettre, par conséquent, l’expression la plus juste, la plus littéraire, la plus esthétique et de nature à satisfaire les esprits les plus ombrageux et les plus particularistes, et il ne peut pas porter ombrage aux fidèles des langues nationales...
Gorki (Alexeï Maximovitch Pechkov, dit Maxime) (1868 1936) écrivain russe. Son existence mouvementée d’orphelin vagabond, qu’il rapporte dans une trilogie (Ma vie d’enfant, 1913-1914 ; En gagnant mon pain, 1915-1916 ; Mes universités, 1923), inspira son œuvre, fort abondante. Il connut le succès (Foma Gordeïev, roman, 1899) et se montra favorable aux idées révolutionnaires (la Mère, roman, 1907), mais non à la violence. Il fut salué comme le promoteur du réalisme socialiste . Théâtre (populiste et tchékhovien) : les Petits-Bourgeois (1902), les Bas-Fonds (1902).
Une opinion conservatrice prouve obstinément que l’Espéranto est une utopie. La véritable réalité qui se développe peu à peu, mais toujours plus énergiquement, renverse l’opinion des conservateurs.
Hagège (Claude), professeur au Collège de France,
Audition sur la politique linguistique en Europe par la COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES de l’ASSEMBLÉE NATIONALE, mercredi 31 mars 1999, séance de 10 heures, sous la présidence de M. Jack Lang. Texte complet de l’audition.
...(...)...
L’anglo-américain est devenu un espéranto de facto. On pourrait s’en réjouir mais sa prédominance a des conséquences culturelles et économiques défavorables aux pays non anglophones. L’Europe s’est en quelque sorte fait "hara kiri" en acceptant l’aide des Etats-Unis. Depuis, son territoire est largement ouvert à l’anglo-américain.
Sans être espérantiste lui-même - il estime qu’une langue fabriquée ne contient pas suffisamment d’objets culturels - M. Claude Hagège a rappelé que le souhait des promoteurs de l’espéranto était qu’une langue fût utilisée dans le monde entier sans porter les valeurs d’un pays en particulier. Tel n’est pas le cas de l’anglo-américain, langue de la plus grande puissance du monde. Depuis le déclin de l’Union soviétique, qui constituait un autre pôle d’attraction-répulsion, l’influence de cette langue est de plus en plus forte. La seule réponse valable à cette évolution réside dans une éducation multilingue précoce.
Honnorat (André) (1868 - 1950), sénateur, ministre de l’Instruction Publique, membre de l’Institut.
L’espéranto, par sa souplesse et sa précision, convient justement pour la traduction de documents officiels et diplomatiques dont les nuances les plus subtiles doivent être scrupuleusement respectées.
Inazo Nitobe (1862 - 1933) scientifique, membre de l’Académie Impériale du Japon.
Il participa au Congrès International de Prague en 1921 pour se rendre compte de l’efficacité de la langue.
On peut affirmer avec une certitude absolue que l’Espéranto est de huit à dix fois plus facile que n’importe quelle langue étrangère et qu’il est possible d’acquérir une parfaite élocution sans quitter son propre pays. Ceci est en soi un résultat très appréciable.
"Esperanto as an International Language" (1922). Rapport réalisé en tant que Secrétaire Général de la Société des Nations.
Jaurès (Jean) (1859 - 1914), homme politique et écrivain français. Député de Carmaux (1893), battu parce que dreyfusard (1898), réélu (1902), il fut un des leaders du socialisme français et un brillant orateur. Il fonda le Parti socialiste français (1901), le journal l’Humanité (1904), puis dirigea, avec J. Guesde et É. Vaillant, le parti socialiste S.F.I.O. créé en 1905. Hostile à la politique coloniale et à la guerre, il fut assassiné par Raoul Villain (31 juillet 1914). Il publia notamment : Histoire de la Révolution française (1898), Histoire socialiste 1789-1900 (1901 à 1908), la Commune (1907), l’Armée nouvelle (1911). Hachette Livre, 1997.
Son corps repose au Panthéon depuis le 21/05/1981. Il proposa au Congrès de l’Internationale Socialiste de Stuttgart en 1907 l’emploi de l’espéranto pour les informations diffusées par l’Office Bruxellois de l’Internationale.
Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli) (1881 - 1963) pape de 1953 à 1963, dans un souci d’aggiornamento ("mise à jour") de l’Église, il convoqua le second concile œcuménique du Vatican et publia notamment l’encyclique Pacem in terris (1963). Hachette Livre, 1997.
L’Espéranto est la langue universelle de notre époque.
Jonas (Franz) (1899 - 1974) président de la République autrichienne de 1949 à 1974, espérantiste.
Il salua la presse mondiale en espéranto lors de sa visite à Paris en avril 1972.
Bien que la vie internationale devienne toujours plus intense, le monde officiel perpétue les vieilles et inadéquates méthodes de compréhension linguistique
Discours prononcé en espéranto en 1970, pour l’inauguration du Congrès Universel de Vienne
Kennedy (Robert Francis) (1925 - 1968), homme politique américain, attorney général, frère de John Fitzgerald Kennedy. Il fut assassiné alors qu’il était candidat à la présidence des États-Unis. © Hachette Livre, 1997.
Sénateur américain.
C’est très probable qu’une langue neutre serait plus utile comme moyen de communication entre les diverses nations du monde. L’Espéranto est déjà depuis longtemps l’un des principaux candidats à cette fonction.
Langevin (Paul) (1872 - 1946) physicien français ; connu pour ses travaux sur le magnétisme, la détection par ultrasons et la théorie de la relativité. Il montra en particulier, indépendamment d’Einstein et simultanément, qu’énergie et masse ne sont que deux formes d’une même réalité. Il fut également un militant politique, pacifiste et antifasciste, et mit au point, avec Henri Wallon, un projet de réforme de l’enseignement. © Hachette Livre, 1997.
Recherches sur la relativité et la théorie des quantas, il inventa des projecteurs à ultrasons utilisés dans les sous-marins. Ses cendres reposent au Panthéon depuis 1984.
Il importe avant tout de s’en tenir à une langue. L’essai de l’Espéranto a été concluant. Il vit, il prospère, il répond à tous les besoins auxquels doit répondre une langue auxiliaire. Assurons le développement de l’Espéranto, et de lui seul.
Lumière (Louis) (1864 - 1948) chimiste et industriel français, inventeur du cinématographe et précurseur du septième art. Il tourna, à partir de 1895, de nombreux films : la Sortie des usines Lumière, l’Arroseur arrosé, l’Arrivée du train à La Ciotat. Hachette Livre, 1997.
Membre de l’Institut.
L’emploi de l’Espéranto pourrait avoir les plus heureuses conséquences en ce qui touche les relations internationales et l’établissement de la paix.
Mitterrand (François) (1916 - 1996), homme politique français. Député en 1946, il fut plusieurs fois ministre, notamment de l’Intérieur dans le cabinet Mendès France (1954-1955). Hostile à de Gaulle dès 1958, il participa à la création de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (1965), puis rénova le parti socialiste, dont il fut le premier secrétaire de 1971 à 1981. Candidat de la gauche unie à la présidence de la République en 1965 et en 1974, il signa avec le parti communiste et les radicaux de gauche, en 1972, le programme commun de gouvernement de la gauche, qui ne reçut pas l’approbation des électeurs en mars 1978. Élu président de la République en mai 1981, réélu le 8 mai 1988, il vit son second septennat s’achever sur une nouvelle cohabitation .
Lettre du 13 avril 1981 au Secrétaire Général de SAT-AMIKARO, Henri Masson
Référence : II-443-SL/MFZ
Monsieur le Secrétaire Général,
Je vous remercie vivement de la lettre que vous m’avez adressée et que j’ai lue avec attention.
Je me permets de vous préciser que mes amis parlementaires ont déposé lors de la précédente session de l’Assemblée Nationale une proposition de loi tendant à inclure la langue internationale ESPERANTO dans l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur comme langue à option.
Si les Français m’accordent leur confiance, je demanderai au Gouvernement de soumettre au Parlement cette proposition de loi.
En espérant avoir ainsi répondu à votre question, je vous prie de croire, Monsieur le Secrétaire Général, à l’assurance de mes sentiments distingués.
Signature : François MITTERAND
Montesquieu (Charles de Secondat, baron de La Brède et de) (1689 - 1755) écrivain français. Il devient conseiller au parlement de Bordeaux en 1714, et "président à mortier" en 1716. Le succès de ses Lettres persanes (1721), reportage critique sur la société française par un Persan fictif, l’attache à la littérature. En 1728, songeant à écrire un grand ouvrage politique, il voyage à travers l’Europe pour se documenter, puis compose les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734). Son œuvre maîtresse, De l’esprit des lois, qui paraît anonymement à Genève en 1748, a un grand retentissement ; aux attaques des jansénistes et des jésuites répond une Défense de "l’Esprit des lois" (1750). Montesquieu a, le premier, mis en lumière l’interdépendance de tous les aspects de la vie sociale (juridiques, économiques, moraux, religieux), sans toutefois les inclure dans un système déterminé ; libéral, il croit à la nécessité de réformes et ne désire pour la France qu’une monarchie constitutionnelle, calquée sur le modèle anglais : s’il a fortement inspiré les législateurs en 1791, il sera rapidement dépassé par les conventionnels. Acad. fr. (1727). © Hachette Livre, 1997.
La communication des peuples est si grande qu’ils ont absolument besoin d’une langue commune.
Pelé (Edson Arantes do Nascimento, dit) (1940 -), footballeur brésilien, surnommé le Roi ou le roi Pelé. Trois fois vainqueur de la coupe du monde avec l’équipe du Brésil (1958, 1962, 1970). © Hachette Livre, 1997.
L’espéranto sera très utile en général pour les sportifs, pour les rapprocher et leur faciliter des relations amicales et sportives.
Platon (v.428 - 347 ou 348 av. J.C.) philosophe grec. Issu d’une famille aristocratique, il fut d’abord élève du philosophe, disciple d’Héraclite, Cratyle, puis disciple de Socrate. Après la mort de celui-ci (399), il voyagea, puis, vers 387, fonda, à Athènes, dans les jardins d’Académos, une école dont l’enseignement "ésotérique" n’est connu que par certains textes du plus illustre de ses élèves : Aristote. En revanche, nous possédons la quasi-totalité de ses écrits, rédigés sous forme de dialogues dans une prose attique admirable. On les classe habituellement en trois grands groupes : les dialogues socratiques (Hippias majeur et mineur, Alcibiade, Ion, Criton, Charmidès, Lachès, Lysis, Euthyphron, Protagoras, Apologie de Socrate)), œuvres de jeunesse consacrées à la défense de la mémoire de Socrate ou à des recherches morales selon la méthode socratique ; les dialogues systématiques (Gorgias, Ménexène, Euthydème, Ménon, Cratyle, Phédon, le Banquet, la République, Phèdre), qui développent la théorie des Idées ; les dialogues critiques et métaphysiques (Parménide, Théétète, Sophiste, Politique, Philèbe, Timée, Critias, Lois), œuvres difficiles où cette théorie est révisée et complétée. Ayant étendu au domaine philosophique tout entier la méthode socratique de la recherche de la vérité (maïeutique), Platon aborde le monde des Idées, formes intelligibles, éternelles et parfaites, archétypes des choses sensibles, lesquelles n’en sont que des reflets instables et imparfaits. Il existe donc un Beau, un Juste en soi, auxquels les choses belles ou justes empruntent leur réalité passagère. La connaissance suprême qui procure une vision (théôria) d’ensemble de ce monde intelligible est la dialectique, qui exige du philosophe l’étude préalable de quatre sciences : arithmétique, géométrie, astronomie, musique. Dans ses derniers dialogues, Platon, élargissant et approfondissant sa doctrine, ne considère plus les Idées comme une pluralité de réalités distinctes ; ce sont des mixtes, constitués par un mélange (du même et de l’autre, de l’un et du multiple, du fini et de l’indéfini). De même, l’Idée et la réalité sensible sont chacune des mélanges. Les mixtes successivement formés n’en manifestent pas moins une finalité réelle : l’Univers, dans ses moindres détails, est le règne de l’harmonie et du divin ; aussi l’homme doit-il "se rendre, autant qu’il se peut, semblable à l’Être absolu", soit à l’Intelligence parfaite, au Bien universel, "commencement, milieu et fin de toutes choses". L’influence du platonisme a été considérable sur Plotin, sur les théologiens chrétiens. Hachette Livre, 1997.
Les dieux auraient favorisé l’humanité, s’ils lui avaient donné une langue commune.
Rabelais (François) (1494 - 1553) écrivain français. Sa première éducation se serait faite chez les cordeliers (franciscains) de l’abbaye de La Baumette, près d’Angers ; elle se poursuivit au couvent de Fontenay-le-Comte, où il reçut la prêtrise (1511) et se livra à l’étude approfondie des langues anciennes : latin, grec, hébreu. Vers 1524-1525, il passa dans l’ordre des Bénédictins (séjour à l’abbaye de Maillezais) et se défroqua en 1527. On le retrouve ensuite étudiant en médecine à Montpellier (1530), médecin de l’Hôtel-Dieu de Lyon (1532), chanoine au chapitre de la collégiale de Saint-Maur-des-Fossés (1537), enfin curé de Saint-Martin de Meudon (1551). C’est en 1532 qu’il publia, sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais), les Horribles et Épouvantables Faits et Prouesses du très renommé Pantagruel. L’ouvrage, satire burlesque de l’éducation scolastique médiévale, fut censuré par la faculté de théologie, de même que la Vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel, publiée en 1534, mais qui constitue le premier livre de l’œuvre prise dans son ordre chronologique romanesque ; suivirent le Tiers Livre (1546), le Quart Livre (1548-1552) et le Cinquième Livre (1564), sans doute en partie apocryphe. Sous des bouffonneries énormes, Rabelais avançait des idées qu’il eût été dangereux, à son époque, d’exprimer en clair : il attaquait la tyrannie de la scolastique, l’ignorance des moines, l’absurdité des guerres et condamnait la religion lorsqu’elle était confondue avec le pouvoir temporel. Créateur d’un univers romanesque qui intègre toutes les formes d’expression, tous les "parlers" du temps, Rabelais mêle la bouffonnerie à l’émotion, le mythe au réel, la raison au délire, la culture savante à la culture populaire. Ses héros, tels Gargantua et Pantagruel, géants à l’appétit insatiable, ou Panurge ("qui fait tout"), l’homme ingénieux en tout, sont devenus légendaires ainsi que l’abbaye de Thélème, où une société d’égaux s’adonne aux plaisirs du cœur et de l’esprit. © Hachette Livre, 1997.
C’est erreur de dire que nous ayons langage naturel : les langues sont par institution arbitraire et convention des peuples.
Rolland (Romain) (1866 1944), écrivain français. Il professa un humanisme axé à la fois sur l’idéal patriotique et sur l’internationalisme : pièces de théâtre à caractère populaire (les Loups, 1897 ; Danton, 1901 ; le Quatorze-Juillet, 1902), biographies (Beethoven, 1903 ; Michel-Ange, 1907 ; Tolstoï, 1911), manifeste pacifiste (Au-dessus de la mêlée, 1915), récits (Colas Breugnon, 1919), deux grands cycles romanesques : Jean-Christophe (10 vol., 1904-1912), "roman-fleuve" (mot de Rolland) consacré à un musicien imaginaire de génie, et l’Âme enchantée (7 vol., 1922-1934). En 1923, il fonda la revue Europe. Prix Nobel de littérature 1915 (décerné en 1916). © Hachette Livre, 1997.
Pour que les peuples s’entendent, il faut d’abord qu’ils entendent. Que l’espéranto rende l’ouïe à ces sourds dont chacun, depuis des siècles, est muré dans son langage.
Rostand (Jean) (1894 - 1977) biologiste français, fils d’Edmond Rostand, écrivain, humaniste, membre de l’Académie Française. Importants travaux sur la parthénogénèse, la tératologie et l’hérédité (dans son laboratoire personnel). Il est l’auteur de nombreux ouvrages : l’Homme (1941), la Génétique des batraciens (1951), Notes d’un biologiste (1954). Académie française (1959). © Hachette Livre, 1997.
L’unité de l’espèce humaine appelle l’unité de langage... J’espère que le moment n’est pas loin où tous les hommes pourront communiquer entre eux par l’Espéranto.
À l’occasion de la parution de son livre "Ce que je crois", il a déclaré :
C’est avec une grande satisfaction que je m’associe à tous ceux qui souhaitent de voir se généraliser l’étude d’une seule langue internationale, capable de faciliter les échanges culturels entre les nations. Je ne doute pas qu’en travaillant pour la diffusion de l’espéranto, on ne travaille aussi pour une meilleure transmission du savoir et pour la compréhension mutuelle des peuples.
Rollet de l’Isle
L’espéranto possède une richesse d’expression bien supérieure à celle de la plus riche des langues existantes ou mortes. Il est facile de la comprendre : la faculté illimitée, mais systématisée, de former des mots par simple juxtaposition d’autres mots, permet d’accroître jusqu’à l’infini les ressources du vocabulaire, d’exprimer les nuances les plus subtiles, de faire naître des sensations intellectuelles nouvelles par la rencontre d’idées connues, mais non encore rapprochées.
Verne (Jules) (1828 1905), écrivain français. Sa rencontre avec l’éditeur J. Hetzel, qui ne cessa de l’aider, lui permit de recueillir de gros succès dans le genre qu’il avait créé avec Cinq Semaines en ballon (1863) : le roman d’anticipation scientifique, fondé principalement sur le progrès technologique, qui permet la connaissance et la conquête, à la fois positives et fantasmatiques, des terres, des mers, du ciel. Voyage au centre de la Terre (1864), De la Terre à la Lune (1865), les Enfants du capitaine Grant (1867-1868), premier ouvrage d’une trilogie qui allait comprendre Vingt Mille Lieues sous les mers (1870) et l’Île mystérieuse (1874), le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873), Michel Strogoff (1876), Robur le Conquérant (1886) comptent parmi ses romans les plus célèbres. Hachette Livre, 1997. Son livre inédit jusqu’en 1993 traite en 50 pages de l’Espéranto dans le récit "Voyages d’Études".
La clé d’une langue commune, perdue dans la Tour de Babel, peut être seulement construite par l’usage de l’Espéranto.