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La politique linguistique de l’Union mise à mal par l’arrivée du chinois

lundi 23 janvier 2006, par espo

L’alerte nous vient d’Angleterre où de plus en plus d’écoles rendent obligatoire l’apprentissage du mandarin. Cette montée en puissance se fait au détriment des autres langues de l’Union.

La politique officielle de la Commission Européenne est de prôner l’apprentissage de deux langues étrangères. La première étant généralement l’anglais, il restait jusqu’à présent un peu de place pour les autres langues de l’Union, ce qui permettait de sauver les apparences d’une "Union dans la diversité".

La demande à croissance exponentielle pour le chinois remet directement en cause cette politique car après avoir choisi le schéma "anglais/espagnol", les élèves vont être de plus en plus nombreux à se tourner vers le schéma "anglais/chinois". Alors que le choix entre l’espagnol et l’allemand permettait aux jeunes Français d’apprendre à connaître un peu plus leurs voisins, l’apprentissage du chinois va faire de l’anglais la seule langue commune.

Sans doute il s’agit pour l’instant d’un juste rééquilibrage des choses puisque le chinois était insuffisamment appris jusqu’à maintenant. Mais nous pourrions atteindre rapidement un excès inverse.

Ce sont bien sûr les élèves des familles privilégiées qui vont se lancer dans cet apprentissage, le chinois offrant un moyen de sélection encore plus discriminant que l’anglais.

Le temps consacré au chinois signifie que le nombre d’heures consacrées à l’apprentissage des autres langues européennes va diminuer. L’Angleterre, qui avait déjà été rappelée à l’ordre car elle n’imposait pas l’apprentissage d’au moins une langue étrangère dans ses programmes scolaires, est la première à se lancer dans le créneau du chinois obligatoire. Ainsi, le British Council apportera son soutien à une manifestation intitulée "Pourquoi toutes les écoles britaniques devraient enseigner le chinois" qui rassemblera les professeurs de langue et les directions d’une centaine d’écoles.

La Commission Européenne n’a plus qu’à revoir d’urgence sa copie en ce qui concerne l’accès à la diversité culturelle et linguistique de l’Europe. Une politique linguistique ambitieuse pour l’Europe devrait viser en priorité à lutter contre les hégémonies linguistiques, à rendre possible la communication internationale, et à favoriser la diversité linguistique.

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1 Message

  • On peut souligner aussi que l’esperanto, langue dont les racines et les affixes ont une forme et un sens stable (contre exemple man , men en en.) est une bonne langue propédeutique pour le chinois (voir l’article de Claude Piron sur cette question).

    De plus quand un pays marque son indépendance linguistique -les chinois demandant l’usage du... chinois- les anglo-états-uniens respectent ce pays et s’adaptent. Et ils savent, contrairement à certains gogos, que l’anglais n’est pas une langue "mondiale" accessible à tous. Pour le commerce avec la Chine et de nombreux pays, bientôt l’esperanto ?

    Et si la politique plurilinguiste affichée en U.E. n’était que le cache sexe commode de la domination de l’angloricain ?

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