Présidentielles 2007 - lettres aux candidats
Envoyé par : "Georges-Henri Clopeau" ghmcl@wanadoo.fr geori2003
Vendredi 1. Décembre 2006 0:50
Chère Ségolène (permettez-moi cette familiarité, je suis un vieux grand-père)
J’espère que tout le monde est bien convaincu maintenant que l’éducation est la clé de tous les progrès humains. Or, pour l’éducation, le rôle de la langue, que ni la règle ni le temps de ce débat ne vous ont permis d’aborder, est tout à fait central.
Comment les assemblées citoyennes pourront-elles débattre, dans des quartiers où notre langue française est en perdition, envahie qu’elle est de structures et de mots étrangers, de messages SMS, et de publicités abrutissantes ?
Nos instituteurs se désespèrent de ne plus pouvoir utiliser la phonétique pour justifier une orthographe qui tend à devenir aussi fantaisiste que l’orthographe anglaise, mobilisant une énorme mémoire déconnectée de toute logique.
Et les récents programmes officiels de l’école élémentaire, qui consacrent un temps précieux à une initiation à l’anglais ne font qu’aggraver la situation.
Or, si l’on admet qu’il faille aujourd’hui, pour se défendre dans la vie, utiliser l’anglais, il serait logique de ne pas écarter la meilleure méthode pour qu’un plus grand nombre d’enfants y parvienne.
Déjà on sait comme l’a établi le Professeur Hagège, que la meilleure méthode n’est pas de commencer par l’anglais. Et l’on sait aussi, depuis le rapport remis à la SDN en 1922, que 1 an d’espéranto suivi de deux ans d’une langue étrangère donne de meilleurs résultats que 3 ans de cette langue étrangère. De nombreuses expériences moins officielles permettent d’affirmer qu’un enseignement de l’espéranto à l’école élémentaire permettrait d’atteindre en fin de 3ème au collège, le niveau d’anglais atteint aujourd’hui en terminale, et ceci sans allongement des cours d’anglais.
Un instituteur capable, après seulement quelques heures de stage, de lire et de composer à l’aide d’un dictionnaire, peut commencer à enseigner l’espéranto, sans introduire aucune erreur dans l’esprit des élèves, et il progressera tout en enseignant. Non seulement cet enseignement ne ferait pas perdre de temps pour les autres disciplines, mais il servirait grandement l’étude de la grammaire française, et développerait (comme autrefois le latin) la logique et la souplesse d’esprit. Cela aussi se trouve dans le rapport à la SDN cité plus haut, et est confirmé par de nombreuses expériences.
La langue française ne se sauvera pas seule. Ce sont toutes les langues, et toute la diversité culturelle du monde qui sera sauvée si l’exemple de la France est suivi dans le monde.
En outre, quelques années plus tard, les problèmes que la diversité des langues pose au fonctionnement de l’Europe, y compris les problèmes de coût et d’éthique exposés par le rapport Grin, seront résolus.
Chère Ségolène, vous avez montré que vous n’avez pas peur d’innover et je ne doute pas que vous mesurez les graves conséquences, non seulement culturelles mais aussi économiques de la suprématie de la langue du pays le plus puissant.
Si vous avez pu me lire, et que, mon message trop court et trop incomplet n’a pas suffi à vous convaincre, j’espère que vous voudrez bien vous documenter sur ce sujet, et inscrire à votre programme l’introduction de l’espéranto, au titre d’enseignement préparatoire à la linguistique, parmi les matières fondamentales de l’école élémentaire.
Avec confiance
Georges-Henri Clopeau
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