Socialistes pour l'espéranto

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Les jeunes socialistes italiens soutiennent l’espéranto

jeudi 20 juillet 2006, par espo

Une information de l’association italienne radicale "espéranto" (ERA) :

LE IVe CONGRES DE LA FEDERATION DES JEUNES SOCIALISTES ITALIENS QUI S’EST REUNI A TIVOLI LES 8 ET 9 JUILLET 2006

EN PRENANT ACTE que, selon le Rapport Grin récemment publié par le Haut Conseil d’Evaluation de l’Ecole, l’hégémonie linguistique rapporte à l’économie du Royaume-Uni un bénéfice direct d’environ 18 milliards d’Euros par an,

DENONCE comme inacceptable une telle injustice sociale qui conduit les citoyens Européens à payer un impôt linguistique de la portée d’un budget annuel d’Etat,

DEMANDE d’abolir l’obligation et l’exclusivité de l’enseignement de l’anglais comme première langue étrangère dès la première année du cycle primaire contenus dans la réforme Moratti du Gouvernement Berlusconi, comme d’ailleurs implicitement demandé par le Commissaire Européen à l’Education, à la Jeunesse et au Multilinguisme, M. Jan Figel, en répondant à des interrogations parlementaires de M. Marco Pannella et de Mme Emma Bonino,

SOUTIENT la loi présentée au Parlement italien au cours de la précédente législature visant à introduire l’Espéranto, langue internationale de tous et de chacun, parmi les deuxièmes langue étrangères comme premier pas d’une révolution politique et culturelle capable de libérer, en Europe et dans le monde, de nouvelles et inimaginables énergies, et d’autre part de sauver de l’extinction 90 % des langues du monde qui selon l’UNESCO sont aujourd’hui menacées de disparaître au cours du siècle,

CONSIDERE en effet que seulement de cette façon il sera possible de promouvoir une société et une école authentiquement ouvertes, multilingues et multiculturelles, qui favorisent par exemple l’enseignement des langues de la méditerranée comme langues étrangères,

SE FAIT enfin PROMOTEUR d’une expérimentation Européenne de l’introduction de l’Espéranto comme un vrai élément de politique publique des langues pour tous les exclus de la globalisation de la communication.

Voici le compte-rendu, en espéranto, de cette démarche :

LA JUNAJ ITALAJ SOCIALISTOJ APROBAS ESPERANTISMAN ELDIRON

Romo, 2006-07-10 . ’Federacio de junaj italaj socialistoj’ (Fgs) alprenis - dum sia 4a kongreso, okazinta en Tivoli 2006-07-08..09 - ’esperantisman eldiron’, per kiu :

- Oni petas tujan forigon de la trudo elekti la anglan lingvon kiel ununuran unuan fremdan lingvon, kion en Italujo enkondukis la lernej-reformo de la Berlusconi-registaro.

- Oni subtenas la leĝ-proponon (prezentitan fine de la pasinta leĝfara periodo, laŭ iniciato de “Esperanto” Radikala Asocio) por enigo de Esperanto en la aron de la lingvoj instrueblaj kiel dua fremda lingvo.

- Oni subtenas Eŭrop-skalan eksperimentadon de Esperanto.

En sia interveno ĉe la Kongreso, la Vic-sekretario de Era, Lapo Orlandi, dankinte Fgs (’Federacio de junaj italaj socialistoj’) kaj ties plej altajn gvidantojn pro ilia ĵusa aktiva kunlaborado, memorigis, ke - danke al la tre serioze plenumita laboro de Era - ’Radikala partio transnacia’ estis jam iniciatinta esperantisman kampanjon kaj, tra la jaroj, iginta siajn plej aŭtoritatecajn elstarulojn - kiaj la nun Eu-parlamentanoj Marco Pannella kaj Marco Cappato ; kaj Emma Bonino, Ministro pri Eŭropaj aferoj - alpreni gravajn politikajn iniciatojn ĉe la Esperanto-fronto.

Analoge, la Vic-sekretario memorigis la agadon kaj la sukcesojn de Era en la Itala kaj internacia kampoj, ekde la bataloj iniciatitaj kaj venkitaj ĉe Unuiĝintaj nacioj kaj Unesko. Ĉe la aprobo de la Eldiro, la ĵus-elektita Fgs-sekretario, Francesco Mosca, antaŭanoncis sian intencon en-Ttt- igi parton de la prikongresa dokumentaro ankaŭ en Esperanto.

"Temas - deklaris Giorgio Pagano - pri plua grava politika paŝo, post : tiu kun la Eŭropaj Verduloj en 2002 ; tiu de la Florenca ’Eŭropa socia forumo’, en 2003 ; kaj tiu ĉe la Someraj Universitatoj de la Francaj radikaluloj en 2003 kaj 2004 (por ne mencii la Radikalan kongreson de Sofio en 1922). Kion Era donacas al la Esperantisma mondo, tuj antaŭ la Universala Kongreso en italujo."

Lapo Orlandi pour ERA - "Esperanto" Radikala Asocio

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3 Messages de forum

  • > Apprenons à abattre des murs

    21 juillet 2006 13:05

    Lorsque j’ai commencé à apprendre l’espéranto, je me suis rapidement senti citoyen du monde, au sens le plus complet du terme. Après quelques semaines, je correspondais ou “philosophais” déjà avec d’autres partisans de cette langue ; ce qui ne m’était encore jamais arrivé avec l’anglais ou l’allemand, même après plusieurs années d’apprentissage. J’étais persuadé d’avoir enfin trouvé là LE moyen de communiquer facilement et internationalement, sans contrainte particulière.

    Bien évidemment, j’avais très envie de faire partager ma découverte à des connaissances ou amis. Peut-être réussirais-je même à en convaincre quelques-uns ? Ignorance ? Naïveté ? Aveuglement ? Les réactions m’ont déçu ! “Apprends donc l’anglais, ça, c’est utile !”, “L’espéranto, mais ce n’est pas une vraie langue, personne ne l’utilise, aucune école ne l’enseigne.”, “L’espéranto ? Ah, oui, ce jeu linguistique, bof !”. Et voilà, mes grands espoirs réduits à néant ! Il me faut être juste : j’ai tout de même reçu quelques encouragements, mais ceux-là même qui me poussaient dans cette voie ne voyaient pas d’intérêt pour eux-mêmes.

    Les organismes internationaux, les institutions mondiales, les écoles ne considèrent donc pas l’espéranto comme un réel moyen de communication. Cette conclusion est sûrement motivée par des études sérieuses, des comparaisons, des débats. Dans mon esprit, le doute commença à s’installer. Après tout, les spécialistes, les politiciens, les pédagogues ont certainement raison ; je ne suis pas spécialiste, j’ai donc tort ! Alors quoi ? L’espéranto ne serait-il qu’une chimère défendue par quelques utopistes ?

    Malgré mes doutes et mes réflexions, la langue internationale me tirait toujours vers elle et je recevais des messages de gesamideanoj (personnes partageant les mêmes idées) qui me prouvaient qu’ils étaient heureux et trouvaient un grand plaisir dans ce mouvement. La motivation me revint grâce à un livre, prêté par une amie espérantiste convertie : “Le défi des langues – du gâchis au bon sens” de Claude Piron (éd. L’Harmattan, Paris, 1994). L’auteur, qui a passé de nombreuses années à l’ONU comme traducteur professionnel, y explique pourquoi les États préfèrent se compliquer la vie plutôt que de se la simplifier. En fait, ils souffrent du syndrome de Babel : maladie fort répandue qui persuade ceux qui en sont atteints qu’il n’existe pas d’autres solutions que d’employer des langues nationales même au prix d’énormes efforts et de résultats décevants. Ainsi donc, cela signifierait que nous, espérantistes, serions sains et “bien-pensants” alors que les nations seraient malades ? Belle idée ! Avoir les résultats obtenus dans la communication inter-peuples par l’espéranto, on ne peut qu’adhérer à une telle explication. Me voilà rassuré ! Je ne suis plus seul au monde à partager cette idée. Nous sommes nombreux et heureux d’avoir trouvé LA solution à un problème complexe tout en respectant chaque culture, chaque langue, chaque être. Apprenons donc à abattre les murs des préjugés, à ne plus accepter une « vérité » comme vraie parce qu’elle émane d’un « spécialiste ». Voyons par nous-mêmes, comme des gens responsables, si ce qui se dit est véridique ou arrangé. Osons ne plus suivre bêtement une majorité qui ne sait pas de quoi elle parle. Riez, moqueurs, je ne vous écoute plus !

    Jean-Marc Leresche, avril 2005.

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  • En 1973, reprenant la proposition de Jaurès de 1907, les socialistes italiens proposent à l’Internationale socialiste de faire usage de l’espéranto comme langue de travail interne. On exigeait également de l’Internationale socialiste qu’elle travaille aux fins de faire de l’espéranto une matière scolaire. La proposition était soutenue par le porte-parole français François Mitterrand, futur président de la République française. En 1974, le président autrichien, docteur Rudolf Kirschläger, écrivait une lettre aux socialistes autrichiens dans laquelle il soutenait leurs efforts dans l’introduction de l’espéranto.

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    • Tract du 1er Mai

      Le premier mai à Pau, trois membres de FET ont distribué sur la manifestation du 1er mai, qui fut un succès avec 2000 participants un tract qui fut accueilli avec curiosité et intérêt. Il reprend en grande partie des extraits de textes de SAT-Amikaro, qui sont disponibles sur son site internet.

      Une exigence sociale : la communication mondiale sans entraves linguistiques !

      Aujourd’hui dix nouveaux pays entrent dans l’Europe. Ils apportent 9 nouvelles langues de travail.

      Et des problèmes de traduction...

      "La question linguistique ne fait pas l’objet de grands débats dans les instances communautaires, et pourtant elle constitue sans doute l’une des bombes à retardement les plus dangereuses pour la construction européenne. Car ce qui était valable à six, à neuf, voire à douze, devient un véritable casse-tête au-delà."

      Bernard Cassen, Le Monde Diplomatique. Février 1993

      Lorsque la Communauté Européenne avait neuf langues officielles, chaque mot traduit de l’une d’elles vers les huit autres coûtait 2 francs français. ("The European", 20-22.12.1991) 3 150 000 mots étaient alors traduits chaque jour. Le nombre des langues est passé à onze au 1er janvier 1995. Avec seulement deux langues en plus, le budget de la traduction a été augmenté de 40%.

      Il importe de savoir que le nombre de combinaisons possibles, donc d’interprètes nécessaires pour la traduction simultanée, s’obtient par la multiplication du nombre de langues en présence par le nombre de langues vers lesquelles chacune d’elles doit être traduite, autrement dit, par exemple, 9x8, 10x9, etc. En conséquence, il faut 72 interprètes pour 9 langues, 90 pour 10, 110 pour 11, 132 pour 12, 156 pour 13, 182 pour 14, et déjà 210 pour 15. Et cela même s’il n’y a qu’un seul intervenant pour chacune des langues. De plus, il s’agit là d’un chiffre minimal, car les interprètes doivent être relayés très fréquemment en raison de la très grande tension nerveuse que provoque leur travail. L’ordre des mots n’étant pas le même dans toutes les langues, l’interprète peut être obligé d’attendre la fin d’une phrase avant de commencer à traduire oralement, tout en écoutant et en traduisant mentalement la phrase suivante.

      ... qui s’aggravent !

      Avec les langues supplémentaires ce problème est devenu insoluble. Aussi, il est proposé de ne plus traduire dans toutes les langues. Reste le problème de savoir quelles langues ne seront pas langues de travail.

      Mais, bien entendu, aucune nation ne veut que sa langue disparaisse ! De plus, on sait avec l’exemple de l’ONU que même si plusieurs langues de travail existent officiellement, dans les faits seul l’anglo-américain est utilisé.

      Reste alors une seule solution qui soit acceptable par tous : l’utilisation d’une langue construite qui ne soit celle d’aucun pays, d’aucun peuple. L’Espéranto, en à peine plus d’un siècle d’existence a prouvé son efficacité pour les échanges internationaux dans tous les domaines. Beaucoup plus simple à apprendre que les langues nationales il sera mieux maîtrisé par tous, permettant de réels échanges de qualité.

      Georges Kersaudy, ancien traducteur international, tirait cette conclusion : « La solution du bon sens consiste à recourir à l’Esperanto pour sauvegarder la position de toutes les langues nationales, faute de quoi on assistera au succès définitif de la tendance actuelle, c’est-à-dire de la suprématie d’une nouvelle variété de langue anglaise, le "conglish" ou continental english, le pidgin des Européens continentaux, ou créole des sous-anglophones du continent européen. [...]

      Faute de disposer d’informations sérieuses sur la question, nos représentants à l’Union Européenne sont finalement amenés à proposer le maintien de la situation actuelle, en sachant bien qu’elle nous conduit irrémédiablement à la domination du "conglish" et à la décadence inévitable de toutes nos langues nationales, y compris l’anglais correct, déjà victime de l’usage qui en est fait couramment en Europe continentale et dans les quatre autres continents. Si l’on en croit les instances officielles, il faut nous résigner à cette situation pitoyable et à cette évolution catastrophique vers le crépuscule et l’anéantissement des langues et des cultures de l’Europe. »

      Aujourd’hui un nombre de plus en plus important de parlementaires et de citoyens de différents pays reconnaissent dans l’Espéranto une solution au problème de la communication internationale.

      Alia Mondo eblas... per alia lingvo !

      (un autre monde est possible au moyen d’une autre langue)

      Syndicalisme sans frontières

      Apparemment pratique, le choix d’une seule langue nationale de grande diffusion serait discriminatoire. Il accorderait un privilège démesuré aux seuls pays dont la langue serait déjà officialisée. L’utilisation de l’anglais impose déjà un modèle anglo-américain de société au monde entier. Bien plus qu’une langue internationale, il est l’instrument d’une satellisation tranquille et insidieuse, d’une manière de voir, de vivre, de penser et de ressentir qui va à l’encontre des besoins et des intérêts des autres peuples. Quand au multilinguisme généralisé, il ne résout pas le problème de la communication internationale.

      Déjà excessivement lourd, coûteux et malcommode pour les organismes internationaux, le recours aux services d’interprétation se révèle encore plus inadapté dans les réunions et rencontres internationales entre les travailleurs et les militants syndicalistes ou associatifs.

      Ainsi, le 12 octobre 1991, c’est précisément l’organe de la FGTB, Syndicats, qui avait déjà dressé ce tableau d’une conférence syndicale européenne : "Réunir 650 délégués de 25 multinationales européennes de 21 pays d’Europe n’est pas une mince affaire. C’est ce qu’a pu constater la CES (Confédération Européenne des Syndicats) ces 26 et 27 septembre à Maastricht. Une salle énorme, l’installation de traduction... et toute une armée d’interprètes pour assurer la traduction simultanée en néerlandais, français, allemand, espagnol, italien ou anglais... Plus européen n’existe pas et cela donne tout de suite une idée concrète des problèmes pratiques qu’aura à résoudre le Conseil d’entreprise européen s’il veut faire face à l’internationalisation de plus en plus poussée de l’économie. »

      Le Gutenberg (30 janvier 1992), organe hebdomadaire du Syndicat du Livre et du Papier de Suisse Romande a pour sa part rappelé d’autres aspects du problème avant de donner quelques informations sur l’espéranto : "Le recours aux services d’interprétation, déjà excessivement lourd, coûteux et malcommode pour les organismes internationaux (Unesco, ONU, CEE, etc.), se révèle insatisfaisant lors des réunions syndicalistes internationales. Tout militant intéressé par l’intervention de tel ou tel délégué ne peut s’adresser à lui sans intermédiaire, par exemple lors des pauses ou des repas. Les relations suivies sont ainsi très limitées. Le courrier reçu dans une langue étrangère exige d’être traduit, de même que la réponse. Toute action coordonnée est ainsi entravée par des tâches purement bureaucratiques. Le budget de l’organisation est lui-même amputé pour réaliser une semblant de communication."

      Dans "Libération" (23 avril 2001), dans un article intitulé "L’eurosyndicalisme balbutiant", Muriel Gremillet et Thomas Lebègue signalaient que quelque 600 comités d’entreprise européens avaient du mal à jouer pleinement leur rôle contre des projets de délocalisation ou de fermeture de sites. La barrière des langues, que certains considèrent comme inexistante ou sans conséquences, ou même comme une vue de l’esprit, apparaît dans toute sa réalité : "les syndicalistes qui y siègent ne parlent pas la même langue et passent leur temps à courir derrière les interprètes pendant les réunions préparatoires. "De toutes façons, ça ne facilite pas vraiment la tâche, explique la fédération agroalimentaire de la CGC. On est sous un casque, à écouter des phrases qui ont parfois été traduites trois ou quatre fois. C’est difficile dans ces conditions d’être subtil."

      On pourrait, peut-être, en revenir au bon sens du congrès de 1906 de la CGT réuni à Amiens qui avait adopté la motion suivante :

      « Le Congrès : Considérant que l’émancipation intégrale des travailleurs ne peut s’opérer qu’internationalement mais que les différences de langage sont une entrave matérielle et presque insurmontable à l’entente des prolétaires de tous les pays :

      Constatant l’extrême facilité d’apprentissage de la langue Espéranto et les éminents services qu’elle est appelée à rendre à la classe ouvrière organisée nationalement et internationalement : Pour ces motifs : Le IVème Congrès Confédéral invite les secrétaires de Fédérations Nationales, de Bourses du Travail, de syndicats ouvriers et les militants desdites organisations, à faire la plus active propagande pour l’étude, la pratique et l’extension de la langue internationale Espéranto et à créer, partout où ce sera possible, des cours du soir pour tous les travailleurs. »

      Fédération Espérantiste du Travail 115 rue Béranger F-92320 Chatillon

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